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ESCP, une école
résolument engagée!

Doyen Associé à la transition et au développement durable de l'école, Aurélien ACQUIER répond à nos questions et nous en dit plus sur la place que l'école accorde au développement durable dans ses enseignements, ses actions et sa gouvernance.
Aurélien Acquier, Doyen Associé à la transition et au développement durable, ESCP Business School

La prise en compte de la dimension durable par les grandes écoles de commerce notamment est de plus en plus marquée. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette tendance. Il y a tout d'abord le constat de l'accélération des crises.

Prenons l'exemple du réchauffement climatique qui représente un des plus grands défis pour nos sociétés. Les six dernières années en Europe ont été les plus chaudes jamais enregistrées.

Nous sommes dans une situation qui dépasse largement la question du devenir des ours polaires, mais qui concerne surtout nos conditions de vie, le fonctionnement des océans, les ressources agricoles et de manière plus large l'ensemble du vivant.

Et croire que ces thématiques n'ont rien à voir avec le management est un leurre !

Si ces thématiques intéressaient autrefois quelques étudiants et professeurs militants, elles sont aujourd'hui au cœur des programmes des écoles.

En effet, à mon avis, l'intensification des revendications et mouvements étudiants au cours des dernières années a nourri ce phénomène qui s'est traduit fin 2019 par la publication du manifeste étudiant pour un réveil écologique signé par plus de de 40 000 étudiants qui appellent les entreprises et les institutions d'enseignement à se réformer et à repenser les systèmes managériaux et économiques.

Les professeurs ne sont pas en reste. Ils sont de plus en plus nombreux à mener des recherches autour de ces sujets afin de participer et contribuer à la transformation et l'évolution des institutions.

Un dernier facteur qu'on peut citer ici est les classements et les évaluations qui intègrent de plus en plus des critères relatifs au développement durable. Si leur mise en œuvre reste à affiner, il est évident néanmoins que cela va dans le bon sens.


Vous êtes aussi en charge de la spécialisation "Rethink : Social innovation, alternative business modets and sustainabitity" à ESCP. Pouvez-vous nous en dire plus ?

C'est une spécialisation du Master in Management, qui est aussi le programme historique de l'ESCP. Créée il y a 4 ans, elle est proposée aux étudiants dans le cadre du master 1 ou 2. Son intitulé souligne l'indispensable nécessité de repenser nos systèmes économiques et managériaux autour des questions du développement durable.

C'est une majeure multidisciplinaire qui implique des professeurs émanant de cinq départements.

Au travers de ce programme, nous avons voulu décloisonner les disciplines afin de donner un esprit critique et académique à nos étudiants pour les amener à réfléchir et à agir en les impliquant dans des projets de recherche ou d'accompagnement d'entreprises, notamment sur des sujets d'économie circulaire.

D'ailleurs, nous avons une Chaire avec Deloitte qui co-finance des projets de recherche sur l'économie circulaire.

Enfin, ce n'est pas la seule majeure qui inclut la sustainability. Avec la réforme du Master in Management, plusieurs options ont été créées : finance durable, analyse d'impact sociétal. .. Cette démarche offre à nos étudiants plusieurs possibilités de spécialisation en lien avec la dimension déve­loppement durable.


Le développement durable est avant tout un sujet transverse. Comment appréhendez-vous cette dimension ?

Il est important d'avoir des spécialisations, mais il est tout aussi important d'exposer l'ensemble de nos étudiants à ces questions.

Le risque est, en effet, d'avoir des étudiants convaincus qui échangent avec des professeurs tout aussi convaincus!

C'était le cas dans le passé et aujourd'hui ce modèle n'est plus viable.

La stratégie de l'école est très claire à ce niveau : l'idée est d'exposer tous nos étudiants qui évoluent dans des programmes généralistes à ces questions dans le cadre de leur parcours.Ces questions sont aujourd'hui disséminées dans la plupart de nos cours fondamentaux.

Un nouveau cours lancé en janvier 2021 dans le Master in Management va permettre de former 800 étudiants aux problématiques de l' anthropocène, de la limite planétaire, aux objectifs du développement durable de l'ONU, à l'innovation des business modèles, aux nouvelles approches de la comptabilité, aux limites de la croissance et les enjeux de la décroissance...

Depuis deux ans, nous accueillons les étu­diants qui arrivent à l'école après leurs années de prépa avec un séminaire d'inté­gration d'une semaine,« Design Tomorrow», axé sur les enjeux du développement durable et du management.

Par la suite, ils sont amenés à travailler pendant trois mois sur l'analyse d'une grande controverse en sous­groupe. Dès leur arrivée, nos étudiants sont ainsi exposés à ces enjeux afin de les sen­sibiliser à leur impact sur le management.

En effet, notre volonté n'est pas seulement de former des managers ou des spécialistes du développement durable, mais de former des managers qui ont un background en développement durable avec des notions et des connaissances minimales sur nos grands enjeux sociétaux : le climat, l'énergie, la gouvernance.


L'école ne peut pas se contenter d'avoir un discours académique sur ces sujets. In n'est pas pertinent de constater la nécessité de se transformer si nous ne nous transformons pas nous-mêmes.

Dans cette démarche, quels sont les sujets qui vous mobifisent actuellement ?

Nous travaillons sur la transformation des programme. Il y a de fortes demandes et attentes du côté des professeurs et des étudiants.

Le lancement du nouveau fon­damental dans le Master in Management s'inscrit dans cette continuité. Nous allons dupliquer cette initiative au niveau d'autres programmes comme l'Executive MBA, les mastères spécialisés ...

En parallèle, l'école ne peut pas se contenter d'avoir un discours académique sur ces sujets. Il n'est pas pertinent de constater la nécessité de se transformer si nous ne nous transformons pas nous-mêmes.

La transformation des processus internes de l'école représente ainsi un des plus importants chantiers et défis de l'école.

D'ailleurs, la rénovation du campus République, un important projet immobilier, devra incarner le renouveau écologique de l'école! Au niveau de la recherche académique, nous avons de nombreux profes­seurs qui travaillent sur la sustainability et le développement durable.

Ces efforts font de l'école une des premières en Europe à se concentrer sur ces questions. Nous devons continuer à avancer dans cette voie.

Enfin, il s'agit aussi de faire évoluer notre gou­vernance pour être en cohérence avec nos actions et nos ambitions dans ce domaine.