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Soutenance de thèse
Le secret comme processus organisant :
une approche épistémique des organisations secrètes

Louis Vuarin - doctorant du programme Ph.D. ESCP

Louis Vuarin, doctorant du programme Ph.D. ESCP a soutenu publiquement sa thèse de Doctorat en Sciences de Gestion.

26 novembre 2020
ESCP Business School Campus République

Résumé

La littérature des théories des organisations étudie principalement les secrets pour les conséquences stratégiques des informations qu’ils renferment (paradigme informationnel) ou pour les dynamiques sociales qu’ils engendrent (approche sociologique). Pourtant, certains travaux pointent vers une autre propriété organisationnelle du secret : sa capacité à influer sur le rapport au savoir et au non-savoir, et en conséquence à modifier en profondeur la manière de penser des individus. L’approche épistémique du secret qu’ils suggèrent révèle alors la tendance des pratiques du secret à produire un cadrage épistémique.

Cette thèse, composée de trois articles, propose d’en comprendre les mécanismes sociocognitifs sous-jacents, en s’appuyant sur un matériel original : des observations et des interviews au sein de services de renseignement, de loges franc-maçonnes, de groupuscules activistes et des alcooliques anonymes ; et une enquête antiterroriste. Nous montrons alors comment les pratiques du secret peuvent constituer un dispositif clé du management épistémique organisationnel.

Le premier article caractérise la propension de certaines pratiques du secret à susciter certaines attitudes épistémiques envers l’ignorance. Le second article souligne la dualité des cadres cognitifs associés au secret, à la fois cadres de référence et cadres métacognitifs, et le risque d’interpretative locking lorsque ceux-ci deviennent trop congruents. Enfin, le troisième article montre comment l’exposition récurrente aux secrets internes à l’organisation tend, en discréditant la cognition individuelle et mettant en scène une logique supérieure, à assimiler les individus au processus organisationnel.

Jury

Directeur de recherche :

  • M. Hervé Laroche,
    Professeur, ESCP Business School

Rapporteurs :

  • M. Hervé Dumez,
    Professeur, École polytechnique, Directeur de Recherche – CNRS
  • M. Rodolphe Durand,
    Professeur, HEC Paris

Suffragants :

  • M. Erwan Lamy,
    Professeur, ESCP Business School
  • Mme Isabelle Royer,
    Professeure, IAE Lyon - Université de Lyon Jean Moulin
  • M. Philippe Véry
    Professeur, EDHEC Business School

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Soutenance de thèse
Au-delà du mythe des start-up :
Discours, éthique et engagement dans l’expérience entrepreneuriale

Romain Buquet - doctorant du programme Ph.D. ESCPP

Romain Buquet, doctorant du programme Ph.D. ESCP a soutenu publiquement sa thèse de Doctorat en Sciences de Gestion.

6 novembre 2020
ESCP Business School Campus République

Résumé

Cette thèse traite d’une déclinaison particulière d’entrepreneur : la figure mythifiée du créateur de start-up, analysée dans l’écosystème dans lequel il évolue (dispositifs d’accompagnement, investisseurs, médias, salariés) et à travers le discours hégémonique et idéologiquement situé qui l’accompagne.

Les données ont été collectées au cours d’une ethnographie dans l’écosystème parisien des start-up, incluant dix-neuf entretiens semi-directifs filmés qui ont donné lieu à la production d’un documentaire (anthropologie visuelle). Cette observation participante au long cours a été complétée par l’étude d’un cas extrême de fraude dans la Silicon Valley.

Cinq articles sont issus de cette recherche, ils abordent trois dimensions dans l’expérience entrepreneuriale : le discours, l’éthique et l’engagement. Le premier article démontre l’intérêt des méthodes ethnographiques dans une perspective critique sur l’entrepreneuriat, illustré de processus de prises de décision. Le deuxième aborde le rôle de la narration et du storytelling dans la construction de la légitimité d’une start-up. Le troisième théorise les dérives éthiques de ces discours, ou pitch, et la mécanique systémique du fake it till you make it. Les deux derniers articles s’attachent à déconstruire les paradoxes de l’expérience entrepreneuriale et son imaginaire thaumaturgique, à la fois moteurs d’engagement mais aussi générateurs d’une anxiété créatrice chez le startupper.

La thèse se conclut par une dissertation sur le rôle et la prépondérance du mythe et des paradoxes dans l’expérience entrepreneuriale en start-up. Des pistes sont suggérées pour renouveler l’approche et les méthodes de recherche en entrepreneuriat, se départir d’une approche fonctionnaliste et combler le fossé entre la nécessaire rigueur méthodologique et l’impératif de pertinence pour les praticiens.

Jury

Directeur de recherche :

  • M. Jean-Philippe Bouilloud,
    Professeur, ESCP Business School

Rapporteurs :

  • M. Olivier Germain,
    Professeur, UQAM - Université du Québec à Montréal
  • M. Jean-Luc Moriceau,
    Professeur, Institut Mines-Télécom Business School

Suffragants :

  • M. Sylvain Bureau,
    Professeur, ESCP Business School
  • Mme Nathalie Luca,
    Professeure, CNRS

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Pour sa première publication originale française, la Harvard Business Review a publié un florilège des textes de ses chroniques Xerfi Canal.

Dans100 idées impertinentes pour mieux manager, le professeur Frédéric Fréry, l’un des auteurs du manuel de stratégie le plus utilisé dans le monde francophone, répertorie 100 pistes innovantes et inspirantes afin de mieux gérer sa vie professionnelle, dans des domaines aussi variés que la performance, le management, la stratégie ou l’organisation. « Frédéric Fréry est non seulement l’un des membres historiques de la communauté d’experts du site d’Harvard Business Review France, mais aussi l’un des plus prolifiques », explique Charlotte Laurent, Cheffe de rubrique à Harvard Business Review France dans son avant-propos. « Avec plus de cent cinquante vidéos à son actif, il est également un intervenant phare de la revue audiovisuelle du cabinet d’études Xerfi. C’est donc tout naturellement qu’un projet de collaboration est né entre nos deux rédactions autour de ses travaux ».

En adoptant un ton résolument moderne, voire parfois provocateur, Frédéric Fréry interroge les théories du management, analyse les concepts économiques à la mode et tord le cou aux idées reçues. En s’appuyant sur des d’exemples concrets et des cas pratiques, l’auteur fournit une mine d’idées à tout manager soucieux de nourrir sa réflexion pour gagner en efficacité. « Le regard est incisif et la critique insolente. Ce n’est donc pas un ouvrage de théorie orthodoxe, ni un recueil de recettes prêtes à l’emploi, mais des pages stimulantes qui osent poser quelques questions cruciales », estime Laurent Faibis, Président-fondateur de Xerfi, dans sa préface intitulée « Éloge de l’impertinence en management ».

Du fait du confinement, le livre n'est pas distribué en librairie pour l'instant mais l’éclairage qu’il apporte, bienvenu dans la situation actuelle, est disponible en ebook, en kiosques (notamment dans les gare et aéroports), et il est désormais possible d’acheter la version physique de l’ouvrage sur le site de son éditeur. « Derrière chacune de ces cent chroniques, à l’écriture limpide et percutante, non dénuée d’une élégante touche d’humour, on trouvera en vérité beaucoup de sagesse et d’expérience sur "l’art du manager". Voici des pages hautement stimulantes pour mieux affronter des situations souvent surprenantes et inattendues, faire face à l’imprévisible et à l’irrationnel. Soumis aux turbulences de l’environnement, aux ambitions contradictoires et aux émotions humaines, les managers ne sauraient prétendre à la rationalité (même "limitée") de la plupart de leurs décisions. Certes, toutes les théories sont fausses mais, comme le souligne l’auteur, elles n’en sont pas moins utiles, et j’ajouterai : pour qui sait les manier avec humilité et précaution », ajoute Laurent Faibis…

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Webinaire
Repensez vos pratiques marketing et communication à l’ère de l’IA

Lundi 13 Mai 2024 - de 12h15 à 13h00 (CEST) Inscription

Découvrez l'Executive Master Stratégies marketing et communication dans un monde digital (CPF) de ESCP Executive Education, 3e mondiale pour son Executive MBA (Financial Times 2023).

Ce programme est conçu pour les professionnels talentueux qui souhaitent développer leur expertise en marketing et communication à l’ère de l’Intelligence artificielle pour impulser leur carrière.

Vos bénéfices :

  • Maîtriser les nouvelles techniques marketing et communication digitales.
  • Développer une double compétence avec les fondamentaux du management.
  • Bénéficier d’un rythme de formation totalement compatible avec votre vie professionnelle et personnelle.
  • Élargir votre réseau professionnel en rejoignant la communauté active de ESCP avec 80 000 diplômés à travers le monde.

Le programme en bref :

  • Durée : 15 mois en temps partagé
  • Rythme : Flexible (toutes les 2 semaines)
  • Lieu : Paris (Montparnasse)
  • Éligible au CPF : Oui
  • Prochaine rentrée : 9 octobre 2024
  • Taux de satisfaction : 3,3/4

Quiz: est-ce que le programme est fait pour vous ? Cliquer pour le savoir.

Repensez vos pratiques marketing et communication à l’ère de l’IA
Venez échanger en live et poser toutes vos questions à Benoît Heilbrunn, Directeur Scientifique et à nos diplômés. Vous aurez la possibilité de voir le webinar en replay.

Benoît Heilbrunn, directeur scientifique de l'Executive Mastère Spécialisé Manager les projets et la transformation de ESCP Business School

Benoît Heilbrunn
Directeur académique
ESCP Business School

WEBINAIRE
Repensez vos pratiques marketing et communication à l’ère de l’IA
Lundi 13 Mai 2024 - de 12h15 à 13h00 (CEST) Inscription

Location

Organiser: Executive Education ESCP

En ligne - Webinaire

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Date

Start date: 13/05/2024

Start time: 12:15 PM

End time: 1:00 PM

Une équipe de chercheurs de l’IRES et du CEP a produit pour la Chaire Dialogue Social et Compétitivité des Entreprises un policy paper permettant de comprendre comment les accords-cadres européens négociés par les entreprises transnationales françaises s’articulent avec les autres niveaux de régulation dans l’entreprise (groupe, entreprise, établissement). Les enseignements de leur travail pourraient aider les différents acteurs à s’approprier effectivement les accords, et ainsi dynamiser le dialogue social européen.

Noélie Delahaie et Kevin Guillas-Cavan, de l’Institut de Recherches économiques et sociales (IRES), ont coordonné la recherche menée avec leurs collègues Jacques Freyssinet, Marcus Kahmann et Udo Rehfeldt (IRES), ainsi que Nicolas Fleury et Natacha Seguin du Centre d’Etudes & Prospectives du Groupe Alpha (CEP). Celle-ci porte sur la négociation collective transnationale d’entreprise (NCTE) d’accords-cadres européens (ACE) ayant pour thème les restructurations, ici comprises dans un sens plus large, comprenant l'anticipation du changement, c'est-à-dire les mesures de gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences (GPEC). « Dans le contexte de mondialisation et d’intégration économique régionale dont l’Union Européenne constitue un cas particulièrement développé, les relations professionnelles ont pris une dimension davantage transnationale, expliquent-ils. Du fait de l’internationalisation croissante des chaînes de valeur, les partenaires sociaux des entreprises multinationales investissent le niveau transnational de la régulation collective, notamment à travers les comités d’entreprise européens et la signature d’ACE ». L’un des objectifs de leur recherche est de questionner les enjeux de la NCTE en termes de production et de diffusion de standards nationaux, et ainsi les conditions d’émergence d’une gouvernance transnationale de la relation d’emploi.

Plus précisément, il s’agit de comprendre comment les ACE négociés par les entreprises transnationales (ETN) françaises s’articulent avec l’ensemble des normes et pratiques négociées ou mises en œuvre dans l’entreprise (que ce soit au niveau du groupe, des filiales ou des établissements). « L’objectif est ainsi d’appréhender les formes d’articulation entre les normes définies par les ACE et la régulation collective d’entreprise ainsi que les enjeux en termes de normes (les pratiques et les accords collectifs) et d’usage (appropriation par les acteurs) », résument-ils dans le policy paper ci-joint.

Les chercheurs appréhendent la dynamique de la NCTE en restituant le contexte social de cette négociation ainsi que les stratégies d’acteurs à travers des enquêtes monographiques menées dans quatre entreprises industrielles françaises, avant d’interroger les modalités d’articulation de la NCTE avec la régulation collective d’entreprise en identifiant les conditions de mise en œuvre des ACE et leur effectivité. Leur choix de se focaliser sur les ACE conclus dans les ETN françaises, en particulier ceux portant sur les restructurations, est motivé par deux raisons principales : « D’une part, les ETN françaises disposent plus fréquemment de structures formelles de relations professionnelles à l’échelon européen que les ETN implantées dans d’autres pays, expliquent-ils. D’autre part, si les accords-cadres internationaux (ACI) portent essentiellement sur des principes et droits fondamentaux définis par l'OIT (Organisation internationale du Travail, ndlr), lesquels font généralement l’objet de consensus en Europe, les ACE ont plus fréquemment pour objet les restructurations. (…) Les enjeux liés à cette thématique sont davantage conflictuels entre les représentants des travailleurs des différents pays d’une ETN, soulevant la question de la légitimité des signataires et de la façon dont les acteurs articulent la NCTE et la régulation collective d’entreprise ».

Les chercheurs tirent quelques enseignements de leur étude :
-          La compréhension de la dynamique de la NCTE ne peut pas faire l’économie de l’histoire des relations sociales de l’entreprise en France ;
-          Les objectifs poursuivis par les acteurs sont pluriels ;
-          La réponse à la question de savoir si les ACE sont appropriés par les acteurs et effectivement mis en œuvre dans les filiales en France n’est pas tranchée ;
-          Cela ne signifie cependant pas que les ACE soient sans effet ;
-          Lorsque les ACE sont instrumentalisés, ils peuvent l’être à la fois par les directions et les représentants du personnel lorsque la régulation d’entreprise ne suffit pas pour atteindre des objectifs de négociation.

Ils dégagent plusieurs préconisations de leurs analyses :
-          La dynamique du dialogue social européen étant très étroitement liée à l’importance que les acteurs accordent aux questions européennes et au rôle du comité d’entreprise européen (CEE), il est nécessaire de former et d’informer les équipes syndicales et de direction sur les enjeux et les opportunités de la NTCE ;
-          Pour que les acteurs s’approprient effectivement les accords, il revient aux directions d’entreprise de diffuser les ACE largement aux équipes syndicales locales et que l'accord prévoie des formations pour les élus ; parallèlement, il importe de faire connaître ces accords aux dirigeants des filiales, et de le faire de manière périodique pour prendre en compte le changement de personnel ;
-          Dans la mesure où la mise en œuvre d’un accord et son effectivité dépendent largement du suivi, les ACE doivent prévoir un suivi paritaire à partir d’indicateurs négociés et fixés à l’avance ;
-          Le suivi ne dépendant pas uniquement de mécanismes formels mais aussi des remontées d’informations, il importe que le contenu de l’accord soit considéré comme apportant de nouveaux droits par les organisations syndicales aux différents niveaux de l’entreprise et pas uniquement au niveau transnational. De même, celles-ci doivent pouvoir disposer des moyens pour organiser la remontée des informations ou pour détecter des manquements aux engagements, en faisant intervenir un représentant local lors d’une réunion du groupe.

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