Les principaux enseignements de l’intervention de Xavier Demilly au Digital Spark 2025 de ESCP

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Le 11 septembre 2025, ESCP Business School a réuni ses 1 350 étudiants de première année du Master in Management (M1) répartis sur ses cinq campus (Berlin, Londres, Madrid, Paris et Turin) à l’occasion de Digital Spark, un séminaire fondateur consacré à la transformation digitale. Conçu comme le point de départ de leur parcours de deux ans, ce programme combine apprentissage en ligne, conférences intercampus et travaux d’analyse en équipe afin de préparer les futurs managers aux défis de l’ère numérique.

Parmi les intervenants figurait Xavier Demilly, VP Business Transformation – Head of Projects chez Schneider Electric et Ambassadeur de la Chaire Digital Transformation for Sustainable Impact, qui a délivré un message clair et pragmatique : la transformation digitale n’est pas avant tout une question de technologie, mais de responsabilité.

L’accès à l’information n’est plus le défi ; le discernement, si

Plutôt que de centrer son intervention sur la technologie elle-même, Xavier Demilly a commencé par une réflexion sur la surcharge informationnelle. Dans un monde dominé par les smartphones, les réseaux sociaux et les contenus générés par l’intelligence artificielle, le véritable enjeu pour les dirigeants est désormais de savoir distinguer les informations fiables du bruit ambiant, et de les utiliser de manière responsable.

Ce changement marque le point de départ de la responsabilité numérique. Les leaders de demain ne doivent pas seulement exploiter les données ; ils doivent aussi les questionner, les interpréter et veiller à leur utilisation éthique.

La transformation digitale n’est pas une modernisation informatique ; c’est un défi humain et stratégique

En s’appuyant sur l’expérience de Schneider Electric, Xavier Demilly a montré qu’une transformation durable repose avant tout sur l’alignement des personnes, des processus, de la gouvernance et de la technologie autour d’une vision commune.

Présente dans plus de 100 pays, l’entreprise a dû simplifier une organisation complexe, renforcer la collaboration et améliorer la prise de décision à l’échelle mondiale. Dans cette perspective, les données, la gouvernance et les outils numériques ne constituent pas une fin en soi, mais des leviers au service de l’agilité, de la performance et de la durabilité.

Pour les étudiants, l’un des principaux enseignements fut qu’une transformation réussie exige autant d’attention portée aux femmes, aux hommes et à la conduite du changement qu’aux technologies elles-mêmes.

L’innovation crée des opportunités… mais aussi des responsabilités

À travers des exemples allant de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé à l’IoT appliqué au suivi climatique, en passant par les services financiers en temps réel, Xavier Demilly a illustré le formidable potentiel des technologies numériques.

Mais chaque innovation soulève également des questions essentielles : les décisions reposent-elles sur des données fiables et équitables ? Les systèmes prédictifs risquent-ils de renforcer certaines inégalités ? Prenons-nous suffisamment en compte l’empreinte environnementale des technologies numériques ?

Répondre à ces défis suppose bien davantage qu’une expertise technologique. Cela nécessite une gouvernance robuste et structurée des données, fondée sur trois principes clés mis en avant par Xavier Demilly : la séparation des responsabilités (segregation of duties), une source unique de vérité (single source of truth) et un suivi continu garantissant conformité et transparence. Ces fondements sont indispensables pour instaurer la confiance nécessaire à un déploiement responsable de l’innovation.

Comme il l’a souligné, la transformation digitale peut ouvrir une véritable « boîte de Pandore » si elle n’est pas conduite de manière responsable. L’innovation doit donc toujours être accompagnée d’une réflexion éthique, d’une gouvernance solide et d’une vision durable.

Les leaders de demain seront définis par leurs compétences, plus que par leur expertise technique

S’adressant directement aux étudiants, Xavier Demilly a identifié cinq compétences essentielles pour exercer un leadership responsable à l’ère numérique :

  • Une vision porteuse de sens : la technologie doit servir une mission claire, centrée sur l’humain.
  • Une intelligence éthique : les dirigeants doivent évaluer en permanence l’équité et les impacts de leurs décisions.
  • Une culture de la donnée : non pas une expertise technique approfondie, mais une compréhension suffisante pour faire le lien entre les enjeux métiers et technologiques.
  • Une pensée durable : le progrès numérique doit être compatible avec les impératifs environnementaux.
  • Un esprit de collaboration : la transformation par la donnée repose sur une coopération entre les différentes fonctions de l’entreprise.

La donnée n’est pas simplement une ressource à exploiter ; c’est un actif stratégique à cultiver

Pour conclure, Xavier Demilly a invité les étudiants à repenser le rôle de la donnée au sein des organisations. Correctement gouvernée, elle favorise la compréhension, la transparence et l’innovation. Mal maîtrisée, elle engendre au contraire risques, inefficacité et perte de confiance.

Dans cette perspective, la transformation digitale consiste moins à adopter de nouveaux outils qu’à construire des organisations responsables.

Pour les futurs managers de ESCP, le message était sans équivoque : maîtriser l’ère numérique, c’est avant tout maîtriser sa responsabilité envers les données, envers les personnes et envers la société.

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