Parlez-nous de votre parcours (avant l’option IRA)
Mon parcours avant l’option IRA s’est construit à la croisée de la rigueur analytique et de la recherche d’impact. Diplômée de l’ENSEA d’Abidjan, j’ai appris à comprendre le monde à travers les chiffres, les modèles et les politiques publiques. Mais très vite, j’ai ressenti le besoin d’aller plus loin : d’utiliser ces outils non pas pour décrire la réalité, mais pour la transformer.Chez MTN Côte d’Ivoire, j’ai découvert la responsabilité que porte chaque analyste : derrière les données, il y a des décisions qui influencent le quotidien de milliers de personnes. Cette expérience a éveillé en moi une conviction : la compétence n’a de valeur que si elle s’accompagne de sens. C’est cette conviction qui m’a conduite à rejoindre le programme IRA, un espace où j’ai pu unir la raison et l’émotion, la science et la conscience, pour donner à mon parcours une orientation profondément humaine.
Quelle est votre vision de l’Innovation Responsable en Afrique ?
Pour moi, l’Innovation Responsable en Afrique, c’est avant tout une histoire de confiance et de dignité. C’est croire que le continent n’a pas besoin qu’on lui impose des modèles, mais qu’il possède déjà en lui les ressources, les talents et la créativité nécessaires pour inventer son propre avenir.
Comment votre participation au programme IRA a-t-elle contribué à développer cette conviction ?
IRA a été bien plus qu’un programme académique : c’était une expérience humaine. À Paris, j’ai eu la chance d’échanger avec des professeurs, des experts et des étudiants passionnés, venus d’horizons différents mais animés par une même question : comment faire mieux, autrement ? Ces discussions, souvent profondes, m’ont appris que l’innovation responsable n’est pas une théorie : c’est un état d’esprit Le study trip en Afrique a été une révélation. J’ai redécouvert l’Afrique, mon Afrique, non pas à travers le prisme de la routine, mais avec un regard nouveau celui de la fierté, de la gratitude et du devoir de contribuer à son essor. J’ai rencontré des entrepreneurs, des jeunes, des femmes, qui, avec peu de moyens mais une immense volonté, bâtissaient des solutions puissantes pour leur communauté : énergie solaire, agriculture intelligente, mobilité verte… J’ai compris que la véritable innovation ne vient pas des ressources, mais du courage d’agir malgré les contraintes. Et c’est sur ce terrain, au contact des réalités, que l’on mesure ce qu’est réellement l’impact.
Enfin, mon stage à la Banque mondiale à Dakar a transformé ma vision en conviction. Travailler sur des projets comme le Programme d’Amélioration de la Mobilité Urbaine (PAMUS) ou le Bus Rapid Transit (BRT) m’a permis de voir, concrètement, comment une politique publique bien pensée peut changer le quotidien de milliers de personnes.
Pourquoi, d’après vous, les étudiants de ESCP devraient-ils intégrer l’Afrique dans leur plan de carrière ?
L’Afrique n’est pas seulement une opportunité professionnelle; c’est une source d’inspiration. C’est un continent en mouvement, jeune, vibrant, exigeant. Travailler en Afrique, c’est apprendre à composer avec l’incertitude, mais aussi à célébrer la créativité, la solidarité, la résilience. Pour un étudiant de ESCP, s’engager sur le continent, c’est sortir des sentiers battus, c’est apprendre à écouter avant d’agir, et c’est donner du sens à sa carrière. C’est aussi une manière d’apprendre à faire du business autrement : en plaçant l’impact, la durabilité et l’humain au coeur des décisions. Je crois que ceux qui choisiront d’intégrer l’Afrique à leur trajectoire ne seront pas simplement des professionnels, mais des bâtisseurs de ponts entre les mondes des acteurs de transformation à l’échelle globale.
Quelle est aujourd’hui votre contribution à impact au développement de l’innovation responsable en Afrique ?
Aujourd’hui, en tant qu’analyste transport et énergie à la Banque mondiale, je travaille sur des projets qui visent à construire une Afrique plus connectée, plus sobre, plus inclusive. Chaque jour, je contribue à ma manière à rendre les infrastructures plus durables, à intégrer les questions de genre dans les politiques publiques, à concevoir des outils de suivi environnemental, et à soutenir des initiatives locales d’énergie propre et de mobilité verte. Mais au-delà des projets, ma vraie contribution, c’est de porter une voix : celle d’une génération africaine formée, consciente et déterminée à redéfinir son propre futur. J’ai la conviction que le changement durable vient de l’intérieur et que notre mission, en tant que jeunes africains, est de bâtir des modèles qui nous ressemblent. L’IRA m’a donné les outils, mais surtout la force de croire que l’impact et la performance peuvent avancer ensemble.
Campuses