Parlez-nous de votre parcours (avant l’option IRA)
Avant de rejoindre l’option Innovation Responsable en Afrique (IRA), j’étais en quatrième année d’un cursus d’ingénieur généraliste à l’Université Catholique d’Afrique Centrale – Institut UCAC-ICAM à Douala, au Cameroun. Cette formation, reconnue par la CTI, est orientée vers la pluridisciplinarité et se déroule en alternance, ce qui m’a permis de combiner apprentissage académique et immersion professionnelle au sein de Perenco Cameroun en tant qu’apprenti ingénieur. Chez Perenco, j’ai eu l’opportunité d’évoluer sur plusieurs volets techniques liés aux opérations pétrolières, allant du suivi de production à la gestion de bases de données opérationnelles, en passant par des missions en QHSE et procédés. Ces expériences m’ont permis d’acquérir une compréhension concrète du fonctionnement d’un champ pétrolier, tout en développant des compétences en analyse de données, gestion de projets et optimisation de processus.
En parallèle, j’ai nourri un fort intérêt pour les questions énergétiques et leur impact sur le développement durable du continent africain. C’est ce double ancrage — technique et sociétal — qui m’a naturellement conduit à m’intéresser à l’option IRA. Celle-ci représentait pour moi une occasion unique de relier mon profil d’ingénieur à une réflexion plus large sur l’innovation, l’accès à l’énergie et la responsabilité sociétale des entreprises en Afrique.
Quelle est votre vision de l’Innovation Responsable en Afrique ?
Pour moi, l’innovation responsable en Afrique est avant tout une innovation ancrée dans les réalités locales, qui part des besoins concrets des populations et propose des solutions durables, inclusives et accessibles. Le continent est riche en opportunités, mais aussi en défis. L’innovation responsable ne consiste pas uniquement à apporter des technologies, mais à co-construire des modèles adaptés qui tiennent compte des spécificités culturelles, sociales et économiques.
Je crois profondément que l’Afrique n’est pas seulement un terrain d’application de solutions importées : c’est un espace où émergent des idées originales, capables d’inspirer le reste du monde. Les innovations dans le domaine de l’énergie solaire, du digital ou encore des services financiers inclusifs en sont de parfaits exemples.
L’innovation responsable en Afrique doit ainsi répondre à un double objectif : accélérer le développement économique tout en réduisant les inégalités et en préservant les ressources.
Comment votre participation au programme IRA a-t-elle contribué à développer cette conviction ?
Le programme IRA a eu un impact décisif sur ma vision. À Paris, les séminaires et échanges avec des experts ont enrichi ma compréhension des dynamiques de l’innovation sur le continent. J’ai particulièrement apprécié la diversité des intervenants, qui m’ont permis de croiser des approches théoriques, économiques et entrepreneuriales.
Le study trip en Afrique a constitué un moment fort : il m’a permis de voir concrètement comment les acteurs locaux inventent des solutions inédites, souvent avec des ressources limitées mais une ingéniosité remarquable. Ce séjour a renforcé ma conviction que l’innovation responsable est avant tout une affaire de pragmatisme et de proximité avec les bénéficiaires. Enfin, mon stage à Baobab+ (désormais IZILI) en Côte d’Ivoire a été une expérience clé. Au sein du département Opérations, j’ai étudié et contribué à la mise en œuvre du projet Baobab+ 3.0, visant à démocratiser l’accès à l’énergie solaire en mode Pay-as-you-go.
J’ai également participé aux tests et à la formalisation de formations, ainsi qu’à l’accompagnement du lancement de nouvelles offres solaires et au développement de partenariats avec des institutions de microfinance. Cette expérience m’a permis de comprendre concrètement comment l’innovation responsable peut s’intégrer dans des projets à fort impact social et économique.
En somme, le programme IRA m’a permis de passer d’une conviction intellectuelle à une expérience vécue, et donc de renforcer ma détermination à œuvrer dans ce domaine.
Pourquoi, d’après vous, les étudiants de ESCP devraient-ils intégrer l’Afrique dans leur plan de carrière ?
L’Afrique représente aujourd’hui un continent d’avenir. Sa jeunesse, sa croissance démographique et économique, ainsi que son potentiel en ressources naturelles et humaines en font un espace incontournable. Pour les étudiants de ESCP, intégrer l’Afrique dans leur plan de carrière, c’est se donner l’opportunité :
- D’apporter des solutions concrètes à des enjeux globaux comme l’énergie, le climat ou l’inclusion financière ;
- De travailler dans des environnements dynamiques, où l’innovation se développe souvent plus vite qu’ailleurs ;
- De contribuer à des projets à fort impact social et économique, avec une dimension humaine extrêmement riche.
Au-delà de la carrière individuelle, je pense qu’il y a aussi une responsabilité collective : le futur des relations économiques mondiales passera en grande partie par l’Afrique. Il est donc essentiel que des jeunes talents issus d’écoles comme ESCP s’y engagent avec humilité, ouverture et créativité.
Quelle est aujourd’hui votre contribution à impact au développement de l’innovation responsable en Afrique ?
Aujourd’hui, je continue à m’impliquer à mon niveau dans des projets qui lient technologie, énergie et développement durable. Mon passage chez Baobab+ (désormais IZILI) m’a permis de comprendre les réalités opérationnelles des initiatives d’accès à l’énergie en Afrique de l’Ouest, notamment à travers la mise en œuvre du projet Baobab+ 3.0. Cette expérience a renforcé ma conviction que l’innovation responsable peut transformer concrètement la vie des populations lorsqu’elle repose sur une bonne compréhension du terrain.
Chez Perenco Cameroun, où je suis actuellement en contrat de formation, j’apporte ma contribution à travers la valorisation et l’analyse de données opérationnelles liées à la production énergétique. Ce travail m’aide à mieux comprendre les enjeux de performance, de durabilité et d’optimisation des ressources, essentiels pour une exploitation plus responsable.
Je cherche à prolonger cet engagement en :
- Utilisant mes compétences en data analysis pour améliorer le suivi et la gestion des opérations énergétiques ;
- Partageant mes expériences pour inspirer d’autres jeunes ingénieurs à s’impliquer dans la transition énergétique du continent ;
- Et en orientant progressivement mon parcours vers des projets qui favorisent l’accès à une énergie fiable, abordable et durable.
Je suis convaincu que chaque parcours individuel peut devenir un levier d’inspiration et de changement. Mon objectif est de continuer à jouer un rôle actif dans la construction de modèles innovants, inclusifs et durables pour l’Afrique.
Campuses