Parlez-nous de votre parcours (avant l’option IRA)
J’ai intégré le programme Innovation Responsable en Afrique (IRA) alors que j’étais en dernière année du cycle ingénieur à l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire, où je me spécialisais en comptabilité, audit et finance. Avant d’intégrer ce cycle, j’avais suivi deux années de classes préparatoires ECS (Économique et Commerciale option Scientifique). Souhaitant constamment donner le meilleur de moi-même, j’ai été particulièrement investi dans mes études, ce qui m’a permis de réaliser un échange académique dans une école de management en Suisse au cours de ma deuxième année de cycle ingénieur ainsi que de participer au programme IRA de ESCP.
Parallèlement à mon parcours académique, j’avais une vie associative relativement pleine : membre actif de l’association de ma filière, mais aussi membre de l’association Étudiants Solidaires, engagée dans des actions à vocation sociale telles que la rénovation de bâtiments d’utilité publique (écoles primaires, notamment) et l’accompagnement scolaire d’élèves issus de milieux ruraux.
Quelle est votre vision de l’Innovation Responsable en Afrique ?
Pour moi, l’innovation responsable en Afrique consiste à concevoir et déployer des solutions qui répondent aux besoins réels des populations tout en respectant les équilibres sociaux, économiques et environnementaux du continent. Ce n’est pas seulement innover pour innover, mais innover avec du sens, en intégrant des principes d’inclusion, de durabilité et de solidarité.
L’Afrique regorge de potentiels créatifs et technologiques, mais l’innovation n’y sera véritablement transformatrice que si elle s’ancre dans les réalités locales : valorisation du savoir local, implication des communautés, utilisation de ressources locales, et création d’emplois décents.
Une innovation responsable cherche donc à créer de la valeur partagée : économique, sociale et environnementale, plutôt qu’à poursuivre une croissance purement technologique ou financière.
Comment votre participation au programme IRA a-t-elle contribué à développer cette conviction ?
Le programme IRA a profondément consolidé ma vision de l’innovation responsable, tant par sa structure pédagogique que par les expériences immersives qu’il propose. La phase théorique, dispensée sur le campus de Paris, m’a permis d’acquérir une base solide de connaissances sur les enjeux du développement durable et de mieux comprendre les dynamiques socio-économiques propres au continent africain. Au-delà des apports académiques, le study trip à Dakar a constitué une étape déterminante. Cette immersion sur le terrain nous a offert l’opportunité de rencontrer les acteurs locaux engagés dans des initiatives concrètes de développement durable. Ces échanges ont permis de confronter la théorie à la réalité et de saisir les défis quotidiens auxquels ces acteurs font face.
Dans le prolongement de cette expérience, j’ai eu l’opportunité d’effectuer un stage à la CBAO, la plus grande banque du Sénégal. Cette expérience professionnelle m’a permis de m’immerger dans le secteur financier et d’observer concrètement comment une institution de cette envergure intègre les principes de responsabilité sociale et environnementale dans ses activités. Elle m’a également permis de comprendre les défis et leviers de la finance durable, ainsi que le rôle stratégique que peuvent jouer les institutions financières dans la promotion d’une économie plus inclusive et respectueuse de l’environnement.
Cette expérience m’a aidé à percevoir l’innovation responsable non plus seulement comme un concept, mais comme une démarche vivante et pragmatique, nécessitant une adaptation constante aux réalités locales et une collaboration entre les acteurs économiques, sociaux et institutionnels pour générer un impact durable.
Pourquoi, d’après vous, les étudiants de ESCP devraient-ils intégrer l’Afrique dans leur plan de carrière ?
Je pense que les étudiants de ESCP devraient intégrer l’Afrique dans leur plan de carrière parce que c’est un continent plein d’énergie, de talents et d’opportunités. L’Afrique change vite. Elle fait face à de grands défis, mais aussi à beaucoup de possibilités d’innovation et de création d’impact positif. Travailler en Afrique, c’est l’occasion de participer à ce changement, d’apprendre à trouver des solutions concrètes dans des contextes parfois difficiles, et de voir directement le résultat de son action. C’est aussi une expérience humaine forte, qui permet de mieux comprendre le monde, de sortir de sa zone de confort et de donner du sens à sa carrière. Intégrer l’Afrique dans son parcours, c’est choisir de mettre ses compétences au service d’un continent en mouvement, et de contribuer à construire un futur plus durable et plus équitable.
Quelle est aujourd’hui votre contribution à impact au développement de l’innovation responsable en Afrique ?
Aujourd’hui, ma contribution à l’innovation responsable en Afrique se construit pas à pas. Après le programme IRA, mon stage à EY m’a permis de mieux comprendre le rôle que peuvent jouer les entreprises et les institutions financières dans la promotion de pratiques durables. J’ai eu la chance de participer à des missions qui m’ont sensibilisé à l’importance de la transparence, de la bonne gouvernance et de la responsabilité sociale dans le monde professionnel. Actuellement, en Master 1 du Programme Grande École à ESCP, je continue de renforcer mes compétences en finance durable, en stratégie et en innovation, avec l’objectif de les mettre au service de projets à impact sur le continent africain. Je profite aussi de chaque occasion : cours, projets de groupe, rencontres, pour partager ma vision de l’Afrique comme terre d’opportunités responsables. Mon engagement se traduit donc par une préparation concrète. Je construis les bases de ma future action dans la finance durable, avec l’ambition de créer à terme un fonds d’investissement vert en Afrique. À mon échelle, j’essaie déjà d’inspirer mes pairs à s’intéresser davantage aux enjeux africains et à voir le continent comme un acteur clé du développement durable mondial.
Campuses