Dans ce nouvel épisode de la série d’entretiens de la chaire « La banque mutualiste et coopérative au service de l’économie », Emmanuelle Auriol, professeure à la Toulouse School of Economics (TSE), revient sur son parcours académique et sur plusieurs grands débats économiques contemporains.

Économiste reconnue, Emmanuelle Auriol commence par expliquer les raisons qui l’ont conduite vers l’enseignement et la recherche en économie. Elle rend un hommage appuyé à Jean-Jacques Laffont, fondateur de la TSE et figure majeure de la pensée économique, disparu prématurément à l’âge de 57 ans. Elle évoque également les penseurs qui ont profondément marqué sa réflexion, parmi lesquels Adam Smith et Kenneth Arrow, prix Nobel d’économie en 1972.

Au cours de l’entretien, cinq grands thèmes structurent ensuite son propos. Elle aborde tout d’abord la question de la taille de l’État, en revenant sur l’expression d’« État obèse » utilisée par le Premier ministre. Emmanuelle Auriol souligne la difficulté de définir une taille optimale de l’État, celle-ci dépendant à la fois des attentes des citoyens, dont la satisfaction tend à diminuer, et de leur consentement à l’impôt.

Elle s’exprime ensuite sur le protectionnisme, défendant le principe du libre-échange et du « doux commerce ». Elle reconnaît toutefois que, lorsque certains pays ne respectent manifestement pas les règles de la concurrence, il peut être légitime de mettre en place des mécanismes de protection.

S’appuyant ensuite sur trois notes auxquelles elle a contribué et remises au Conseil d’analyse économique (CAE), institution rattachée au Premier ministre, Emmanuelle Auriol aborde plusieurs sujets de société. Elle défend notamment le principe de la légalisation du cannabis récréatif, qu’elle analyse à la lumière des politiques publiques et de leurs effets économiques et sociaux.

Elle revient également sur les inégalités de revenus entre les femmes et les hommes, qu’elle détaille en identifiant trois moments clés où ces écarts se creusent : le choix des formations, l’arrivée des enfants et le déroulement des carrières professionnelles.

Enfin, centrant son analyse sur l’immigration légale, Emmanuelle Auriol insiste sur ses effets positifs. Dans un contexte de transition démographique, cette immigration apporte à la France une main-d’œuvre indispensable, souvent animée par un fort esprit d’initiative et d’entrepreneuriat.

Un entretien riche et stimulant, offrant un éclairage précieux sur des enjeux économiques majeurs et nourrissant la réflexion sur les politiques publiques contemporaines.

Campuses