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Mercredi 15 décembre, Chaïmae Bennis, doctorante du programme Paris Ph.D, a soutenu avec succès sa thèse de Doctorat en Sciences de Gestion.

À travers des études de cas menées au sein des Groupes industriels Michelin et Safran, les travaux de Chaïmae ont porté sur comment l’ambidextrie des opérateurs se développe et se transforme dans le contexte de l’usine digitalisée et sur les compétences associées à cette capacité.

Ses données montrent que l’industrie 4.0 introduit un contexte de tensions, d’incertitudes et d’interdépendances qui exigent de l’opérateur, à la fois, d’assurer un impératif de productivité lié à une norme de performance, à laquelle il s’agit de s’aligner, et un impératif d’adaptation à une multitude d’artefacts, de règles et de situations nouvelles.
Par conséquent, il arbitre constamment entre l’exploitation de compétences maîtrisées et l’exploration de compétences nouvelles. Ces compétences sont hybrides, de savoir-faire et de savoir-être. Elles sont, pour certaines, transitionnelles et permettent à l’opérateur d’assurer la stabilisation de l’environnement dans sa transition vers le 4.0. 
Grâce à un management de l’autonomie et le déploiement de politiques et de pratiques RH permettant les dynamiques ascendantes, le manager et la fonction RH participent conjointement au développement de l’ambidextrie des opérateurs et à son portage vers des niveaux supérieurs de l’organisation.
Ces résultats contribuent à une lecture multi-niveaux de l’ambidextrie et répondent au manque de données empiriques sur cette capacité, particulièrement, lorsqu’elle concerne des salariés non managers ou peu qualifiés et qu’elle s’exprime dans des environnements dynamiques. 
Son travail de recherche ouvre de nombreuses pistes de discussion avec la littérature existante, en particulier, sur le rôle de l’autonomie dans le développement de cette capacité.

Erwan OIRY (École des Sciences de la Gestion de l’Université du Québec) et Benoît GRASSER (IAE Nancy School of Management), tous deux rapporteurs, ont salué la richesse et la précision des données collectées, l’enthousiasme de Chaïmae pour le monde industriel qu’elle a su partager à la fois dans sa thèse et lors de sa soutenance.

La Professeur Géraldine GALINDO qui a endossé aux côtés du Professeur Hervé LAROCHE le rôle de Directeur de thèse, a tenu à remercier les partenaires de la Chaire Une Usine pour le Futur qu’elle dirige, sans qui le terrain de recherche n’aurait pas été aussi riche et ouvert.

Depuis décembre 2017, Chaïmae a pu effectuer des immersions au sein de plusieurs sites Safran et Michelin, et observer et analyser les évolutions des hommes au travail et des manières de les gérer.  (lien vers https://escp.eu/node/3309). 
Une étape essentielle dans son processus de recherche qui lui a permis de découvrir le monde industriel de Michelin et Safran (produits, procédés, métiers, compétences, management…), de comprendre les transformations digitales dans les usines,
de s’intégrer dans une équipe en termes d’horaires de travail, de respect des consignes de sécurité, de relations interpersonnelles, et d’identifier les différentes compétences nécessaires aux transformations digitales dans ces usines. 

Chaïmae fait le choix de poursuivre son parcours en entreprise. Ses co-directeurs de thèse joignent leurs vœux de succès à ceux des membres du jury (Géraldine SCHMIDT, IAE de Paris et Jérôme MOUILLET, Michelin) et à son Président le Professeur Christian DEFÉLIX (IAE Grenoble) en encourageant Chaïmae à continuer à porter cette pensée réflexive et à aider les professionnels à prendre conscience et à mettre des mots sur les enjeux de la transformation digitale de leurs organisations.

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